Capitale : Niamey

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Agadez ou Agades, la ville poussière. Carrefour de routes et de civilisations, la cité prend son essor au XVIe siècle avec l’installation du Sultan, la construction de son palais et de la célèbre mosquée.
La ville est le port d’un immense océan de sable qui sépare l’Afrique blanche de l’Afrique noire. C’est ici que durant des siècles arrivent les caravanes commerciales en provenance des villes du Nord via le Hoggar algérien ou le Fezzan libyen. Aujourd’hui encore les dernières caravanes de l’Azalaï (la route du sel) rallie Agadez aux salines de Bilma à travers les sables du désert des déserts : le Ténéré.
Le Sultan d'Agadez et sa suite - début XXe
Agadez dont l’histoire se confond avec celle des Touareg est tour à tour libre et conquérante ou soumise à la puissance d’un Empire voisin. Mais si la ville n’impose pas toujours son hégémonie, en revanche les hommes eux n’ont, au cours du temps, craint aucune puissance si ce n’est celle de Dieu et du Sahara. Des guerriers redoutables, invincibles sur leur terrain, que les français ne réduiront finalement qu’en 1919 après le siège d’Agadez et aidés par une colonne britannique venu du Nigeria.
Agadez depuis le minaret de la grande Mosquée © hoggar/vospiresamis 2002
Contraint d’accepter le découpage de leur désert, puis une indépendance dont les conditions les plongent dans la perplexité, ils tentent de se fondre dans un pays qui n’est pas le leur.
En 1990, ils se rebellent contre le régime Nigérien qui profite de la situation dramatique causée par les sécheresses pour tenter d’éradiquer le problème touareg. Les accords de paix signés en avril 1995 à l’instigation de la France et du Burkina Faso, sont sensés leurs accorder une plus large autonomie. Des fruits qu’ils attendent toujours de récolter.

Ici, les nomades Touareg et Peul, pasteurs du désert et pasteurs du sahel croisent les Haoussa et Songhaï qui peuplent le sud du pays.
Capitale de la confédération touareg des Kel-Aïr, Agadez est symbolique du paradoxe de ces nomades qui n’ont jamais tout à fait réussi leur sédentarisation. C’est toujours au Niger et ici en particulier qu’ils sont le plus nombreux, près de 2 millions.

L’architecture soudanaise de la vieille ville se découvre tranquillement, ici les journées se terminent plus qu’agréablement depuis ses toits en terrasse où il fait bon discuter en buvant un thé, à l’heure où le soleil se couche. Agadez est une ville qui à la fois s’offre et se mérite. Une ville qui demande du temps au temps, dans un pays où le temps n’a aucune signification. La rencontre passe par la discussion et le cadeau que l’on fait de son temps, la curiosité de l’autre est réciproque. La grande misère qui règne ici n’affecte en rien la dignité de ses habitants.

L’une des trop rares ressources économiques de la région est le tourisme, et Niamey, la capitale, refuse depuis plusieurs années de financer ou simplement de faciliter la réouverture de l’aéroport de la ville. Un manque à gagner dramatique pour une région sinistrée. A nouveau bruissent les échos du mécontentement. Heureusement, enfin, en décembre 2003, l'aéroport est à nouveau en service.
Histoire du Niger
Biens conservés par le climat aride, le Nord du pays est riche en fossiles. On a mis au jour dans le massif de l'Aïr des vestiges de céramiques du VIIIe millénaire avant notre ère, contemporains de l'invention de la poterie dans d'autres régions du monde. La désertification du Sahara commence à cette époque et repousse ensuite vers le Sud les populations d'agriculteurs et les céramistes, laissant la place à des communautés d'éleveurs de bovins qui gravent sur les rochers de nombreuses représentations de leurs troupeaux (entre 3000 et 2000av.J.-C.).Des gravures de cette époque témoignent également de la présence à cette latitude d'éléphants, d'hippopotames et d'une faune de savane abondante et variée. Le Ténéré est riche en témoignages de la présence humaine au Néolithique par un abondant matériel de pierre (pointes de flèches, meules, etc.), jusqu'à la désertification de la région au Ier millénaire avant notre ère.

Les territoires constituant le Niger actuel entrent dans l'histoire avec l'établissement de relations transsahariennes au Moyen âge, vers le Maroc, par la vallée du Niger et Tombouctou et Gao (Empires du Mali et du Songhaï), vers la Tunisie (Ifriqiya) à travers le Sahara central, et vers la Libye et l'Égypte par le Fezzan et le Tchad (États haoussas). Cette diversité explique la permanence des deux grands pôles de développement culturel et économique du pays : la vallée du Niger (Niamey), et le bassin du Tchad (Zinder).
Le commerce régional porte sur l'échange sel / mil entre le Sahara central riche en gisements de sel et la savane, productrice de mil, et sur la noix de cola produite dans les zones forestières. Ses voies de communication sont très tôt pénétrées par les missionnaires musulmans, puis contrôlées par les nomades islamisés (Touareg, Toubous).
Roi Dgerma - Début XXe
Les Touareg d’origine berbère arrivent par vagues dans l'Aïr à partir du XIe siècle environ, se répandent dans l'Azawak et commencent à lancer des raids sur les populations sédentaires du Sud. Au XVe siècle, ils établissent un sultanat à Agadez.
le petit royaume du Kanem commence son expansion à la fin du XIe siècle pour devenir un véritable empire au XIVe siècle: il s'étire alors du nord au sud à travers le Sahara et tout autour du lac Tchad. Mais des querelles religieuses et dynastiques l'affaiblissent et il devint une proie facile pour ses voisins. La dynastie des Sefawad abandonne alors le pouvoir et créée, moins d'un siècle plus tard, le royaume du Bornou, à l'est du lac Tchad. Le Mai (souverain) Idriss reconquit le Kanem au début du XVIe siècle. Le Kanem-Bornou redevient un empire puissant dont l'influence s'étend de Kano jusqu'au Darfour. carte Sa prospérité économique s'appuit sur le commerce, en particulier sur la traite des esclaves vers l'Arabie. Le Kanem-Bornou tombe en 1893, après près de dix siècles d'existence, sous les coups de Rabah, un marchand d’esclave venu du Soudan qui richissime s’offre une armée équipée d’armes modernes et rêve de se tailler un empire entre le Soudan et le Tchad.
Ce dernier maintient son emprise sur la région jusqu'à la colonisation européenne.
Le sud du Niger est quant à lui le domaine des Cités-États Haoussas, en plein essor depuis le XIIe siècle. De grandes villes marchandes comme Katsina, Kano et Zaria, aujourd'hui situées au Nigeria, étendent progressivement leur emprise sur le sud du Niger et la majeure partie du Nigeria. Ces petits royaumes indépendants les uns des autres entretiennent des relations tantôt de rivalité tantôt de coopération. Ils établissent leur prospérité sur le commerce à longue distance dont ils contrôlent les routes.
Peul Bororos , durant un gerewol (fête traditionnelle)
Ces cités-États haoussas connaissent leur apogée au XIVe-XVe siècle. Elles préservent leur indépendance jusqu'à la constitution de l'empire d'Ousmane dan Fodio (voir Calabar-Nigeria). Ce Toucouleur musulman s'empare en 1804 des États haoussas, qu'il convertit à l'islam. En 1809, il créé un empire peul et toucouleur, le royaume de Sokoto (dans le Nigeria actuel), qui couvre la moitié sud du Niger actuel. L'empire se heurte à la résistance du Bornou. Sa prospérité repose lui aussi sur le commerce, tout au long du XIXe siècle.carte
Les premiers Européens à entrer dans cette région sont le médecin et explorateur écossais Mungo Park (en 1803) qui depuis la Gambie cherche les sources du Niger, puis venant de Tripoli les explorateurs, britannique Hugh Clapperton (en 1823) et allemand Heinrich Barth (1850) en route pour Tombouctou (voir Rubrique Explorateur).
Les Français entrent dans la région vers 1890 et obtiennent la signature de plusieurs traités avec les souverains locaux. En 1899, la mission Voulet-Chanoine part de Say (en aval de Niamey) et traverse les zones désertiques, semant la terreur. Relevés de leurs fonctions par le gouvernement français, les deux hommes, qui veulent se tailler leur empire soudanais, attaquent la mission Klobb chargée de prendre le relais, avant de se faire massacrer par leurs propres tirailleurs. Le lieutenant Joalland de la mission Klobb poursuit sa route vers Zinder, qu'il prend par la force, puis atteint le lac Tchad. De son côté la mission Foureau-Lamy, partie de Ouargla (Algérie) en 1898, arrive à Zinder dans des conditions très difficiles puis à son tour au lac Tchad. Les deux missions rejoignent la mission Gentil, venue du Congo. Ensemble, elles entreprennent de détruire Rabah et son empire du Bornou. Le «sultan noir» est vaincu et tué à la bataille de Kousseri (Cameroun) en 1900.
Le Niger devient un territoire militaire administré à partir de l'ancien sultanat de Zinder. Les français peinent ensuite, longtemps, à réduire la résistance des Touareg de l'Aïr. Tandis que s'installe progressivement une administration de type européen dans la région qui prend le nom de Soudan Français.
Guerriers Peul
La farouche résistance du peuple touareg cesse avec la défaite de Kaocen en 1916, qui transforme Assodé, sa capitale, en ville fantôme, Pour ce peuple nomade, le calvaire commence. Le Niger devint une colonie en 1921, administrée à partir de Niamey pour rééquilibrer les pouvoirs économiques et politiques locaux, diminuer le poids de la communauté haoussa de Zinder ainsi que l'influence du nord du Nigeria, une région riche et peuplée. Territoire d'outre-mer en 1946, puis république autonome au sein de la Communauté Française en 1958, malgré une campagne pour le "non" au référendum proposé par Djibo Bakary, opposé au chef du gouvernement Hamani Diori.
Le 3 août 1960, l'Indépendance est proclamée par le président de la République Diori Hamani, qui dirige le pays jusqu'en 1974. Après quoi alternent les périodes de dictature militaire et de pouvoir démocratique.
En 1990, une rébellion touareg éclate dans les territoires sahariens. Les Touaregs supportant de plus en mal le pouvoir des ethnies du Sud et la négation de leur identité. Les combats sont violents et la population voit ses souffrances croître au fur et à mesure que l'Autorité Militaire augmente les pressions et les exactions. Pour le front rebelle, après des velléités d'indépendance, la sagesse l'emporte et tout rentre dans l'ordre en 1995 quand le gouvernement de Niamey promet, enfin, une plus large autonomie.

Après le coup d'Etat d'avril 1999 et la parenthèse du Conseil de Réconciliation Nationale (régime d'exception) une nouvelle constitution a été adoptée par référendum le 18 juillet 1999 (Vème République instituant un régime semi-présidentiel) et les nouvelles autorités ont été démocratiquement élues en novembre 1999. Le Président de la République, Mamadou Tandja est élu au second tour de scrutin avec 60% des suffrages. L'Assemblée nationale est composée de 83 députés, 55 appartiennent à la majorité, 28 à l'opposition.
Niamey - vision urbaine...

Les priorités du Président sont le rétablissement des contacts avec les bailleurs de fonds internationaux en leur offrant des garanties de stabilité et de libéralisme économique. Le Niger, pays parmi les plus pauvres du monde, dépend en grande partie des aides internationales. Les coupes de Mamadou dans les budgets de l'éducation et de la santé, la réduction des effectifs de la fonction publique nigérienne, les retards dans le traitement des fonctionnaires (jusqu'à 18 mois) et des militaires entraînent une grogne sociale généralisée qui se transforme en manifestation d'étudiants sur le campus de l'Université de Niamey en 2001 et la mutinerie de certaines unités des FAN, les Forces Armées Nigériennes, en 2002. De peur que la contestation ne s'étende, Tandja mate la mutinerie et muselle la presse pour qu'elle n'en parle pas.
Il est réélu en 2004, au second tour avec 65,5% des voix.

En 2005, une longue période de sécheresse et une invasion de criquets provoquent une famine dramatique en zone saharienne et sahélienne. L’ONU tarde à réagir et surtout le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires pour lutter contre les spéculateurs qui profitent honteusement de la situation. Les prix du mil et du riz s’envolent rendant plus problématique encore le ravitaillement des plus défavorisés.

2007 voit le retour de la rébellion dans le nord du pays. Trois mouvements la compose. le MNJ (Mouvement des Nigeriens pour la Justice), le FPN (Front Patriotique Nigérien) et le FFR (Front des Forces de Redressement) de l'ex-ministre du Tourisme Rhissa Ag Boula. Les rebelles réclament l'équité dans le traitement des régions et une justice égale pour tous. Essentiellement Touaregs, ils opérent dans la zone saharienne et les heurts avec les FAN sont fréquents et meurtriers. Contrairement à la rébellion de 1990, cette fois la population civile est plus mitigée dans sa position. Elle est la première à souffrir de la situation et les rebelles apparaissent pour de nombreux citoyens avant tout comme des trafiquants en tout genre. Une position, bien entendu, qui fait écho aux déclarations du gouvernement de Niamey. La presse étrangère est interdite dans les terrritoires du Nord et nombreux sont les journalistes locaux qui sont emprisonnés pour avoir simplement fait leur travail, informer la population de la situation. Pour tous, une chose est certaine. La situation économique de la région est catastrophique, et bien qu'elle possède les principales ressources minières du pays, elle n'en retire aucun bénéfice. L'autre, et seule, ressource de la région, le tourisme subit de plein fouet la récession qu'implique l'état d'urgence. Qui veut visiter un pays en état de guerre, aussi beau soit-il ?

Au printemps 2009, la situation s'arrange avec enfin des pourparlers de paix entre rebelles et gouvernement. C'est à ce moment que le président Tandja, en s'appuyant sur une illusoire majorité de nigériens, semble tenter de renoncer à son serment constitutionnel en restant au pouvoir après le 22 décembre 2009. Terme de son 2e et dernier mandat possible. La jeune démocratie nigérienne avec ses problèmes d'injustice, de corruption et l'extrême précarité dans laquelle vit l'immense majorité de sa population n'a sans doute pas besoin de ce nouveau camouflet. Pourtant, Tandja semble opter pour un référendum, une manière fort politicienne de contourner son serment de protéger et servir la constitution.

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